Interview de l’Auteur Jake JACOBS

Merci à lui de nous avoir livrer son cœur,

Pourquoi avez-vous écrit votre livre ?

Oulà, sacrée question ! haha… D’abord, il faut savoir que je suis un grand bavard (à l’oral comme à l’écrit) et choisir de m’interviewer c’est : ouvrir délibérément une faille spatiotemporelle… (En gros, je préfère prévenir tout le monde, cette interview risque de sérieusement amocher votre « espérance de vie »)

Ensuite, on va se tutoyer, non ?

Donc ! Je pense qu’il y a au moins trois réponses différentes à cette question… (si, si !)

Premièrement, je l’ai écrit pour ma femme. À la base nous aimons beaucoup les histoires fantastiques, mais ce genre littéraire est souvent pétri de magie et d’incantations de toutes sortes, ce qui nous conduisait à abandonner chaque livre au bout de quelques chapitres pour cause de sortilèges intempestifs… Nous ne sommes pas particulièrement effrayés par ce genre de choses, mais la lecture créé une connexion extrêmement profonde entre le livre et l’âme du lecteur, générant directement des images dans son esprit, or nous ne voulions pas nous sentir traverser par des émotions contraires à l’Esprit de Dieu. Ainsi donc, frustrés pour la énième fois de devoir laisser un livre qui commençait tout juste à nous plaire, je lui proposais d’écrire une histoire moi-même, fantastique MAIS totalement chrétienne, et de la lui lire au fur et à mesure.

Et là tout a basculé !

 Le premier tome (qui devait être l’unique tome, sachant qu’il y en a cinq au final…) m’a complètement échappé ! Les personnages ont jailli avec naturel comme s’ils avaient attendu de prendre vie depuis des années et le fait d’utiliser des réalités spirituelles en tant que « fantastique » est devenu un plaisir qui m’a rendu tout de suite accro ! Au finale, ce livre fantastique est bien plus autobiographique que ce qu’on pourrait croire… (Je crois qu’il n’y a qu’un chrétien pour dire d’un livre fantastique qu’il est presqu’entièrement autobiographique… quelle grâce !) Bref ! Je terminais le premier tome et je me rendais compte que je n’avais même pas encore commencé à déployer le scénario initial que j’avais en tête. Du coup, j’enchaine les tomes rapidement (pas assez au goût de ma femme…) et nous y voilà…

Deuxièmement, (et oui, ce n’est que la deuxième partie de la première question…), à mesure que j’écris cette saga (car le tome 5 est toujours en cours d’écriture) je me rends compte qu’elle suit parfaitement (et de manière impressionnante) mon propre développement spirituel. C’est un peu compliqué à expliquer, par exemple il y a des choses que j’ai écrites dans les premiers tomes, que j’ai fait dire ou faire à mes personnages, qu’aujourd’hui je regrette. Et dans le tome 5 certains personnages s’en repentent, et quelque part, je m’en repends avec eux. Leur point de vue sur les choses spirituelles évolue aussi en fonction du mien. Les tomes 3 et 4 par exemple tournent beaucoup autour du combat, autour du fait de devoir affronter les puissances qui agissent dans les ténèbres, mais le tome 5 prend une toute autre direction, comme si les personnages avaient loupé une étape fondamentale concernant ce que le Seigneur attendait d’eux, et moi avec !

En gros cela revient à dire, « mon livre évolue avec moi », comme on l’entend dire souvent pas les auteurs, mais ce que j’essaie de dire c’est que la saga a plutôt évolué parallèlement à moi. Elle m’a plutôt aidé à évoluer personnellement que l’inverse si je puis dire. Souvent (et de plus en plus) j’ai cette impression que le Seigneur utilise cette saga pour me faire comprendre ce qu’il attend de moi en tant que croyant. Pour le premier chapitre du tome 5 par exemple, j’ai mis des mois avant de parvenir à aligner les premiers mots. J’avais les idées, je savais ce qui devait se passer, mais rien… impossible d’écrire une seule ligne sans l’effacer tout de suite après. Puis, un beau jour, tout éclate et j’écris ce que je vis spirituellement sur le moment, et tout colle, tout fonctionne, ça fait sens autant pour moi, que pour mes personnages, que pour le développement de l’histoire… donc rien que là j’hallucine et m’en réjouis, mais le plus fou c’est qu’en parlant de toute autre chose avec un frère le soir, il me parle d’une vision que le Seigneur lui a donné et je retrouve des éléments de ce que je viens d’écrire le matin même dans ce chapitre que je n’arrivais pas à produire jusque-là…

Le Seigneur est partout, il remplit autant l’univers que nos esprits, autant nos esprits que toutes nos créations artistiques quelles qu’elles soient.

Donc aujourd’hui j’écris aussi ce livre pour comprendre mieux le Seigneur et comprendre plus précisément ce qu’il attend de moi. Cette saga est autant un exutoire qui me permet de prendre de la distance sur la volonté du Seigneur pour ma vie, qu’une proposition de direction de cette même volonté divine… (et là tu regrettes ta première question pas vraie ?). Plus simplement (même si je sais pas faire) je considère l’écriture de ce livre égale à une méditation de la Parole, à un moment de prière ou même à une vision prophétique (donc là tu regrettes carrément cette interview pas vrai ?). Je ne crois pas qu’on puisse découper Dieu en morceau, et, lorsqu’on prend Dieu comme source d’inspiration, il continue d’être Celui qu’Il est toujours : ce Dieu qui enseigne, prévient, reprend, exhorte, explique, conduit… etc… mon livre est juste un moyen comme un autre pour lui de trouver un moyen de m’atteindre et de me parler… quelle joie quand j’y pense !

Troisièmement (j’ai honte…), j’écris pour donner envie d’écrire, ou plutôt de produire artistiquement. Je trouve (c’est mon point de vue, il vaut ce qu’il vaut) que la première censure (et la plus tranchante !) pour le monde chrétien : c’est le monde chrétien lui-même. Sous couvert qu’il nous faut « veiller sur des fausses doctrines » et des « hérésies dangereuses », on préfère ne pas bouger… mieux vaut ne pas bouger (nous dit-on) plutôt que de partir dans une mauvaise direction, mais c’est bien pire de ne pas bouger !

La brebis qui se perd, le Berger vient la chercher, il laisse les 99 autres s’il le faut, mais la brebis qui reste dans la bergerie, pensant être à l’abri, c’est celle qui ne répond pas à l’appel du Bon Berger qui l’invite à sortir vers les pâturages, cette brebis s’illusionne…

Notre Dieu est un Dieu de mouvement, il n’est pas figé par des lois. Par Christ il nous a prouvé qu’il est largement capable de transcender ses propres lois, et nous, nous continuons de vivre dans la peur du « tu ne peux pas écrire telle chose… », « tu ne peux pas peindre telle chose… », « tu ne peux pas penser telle chose… », « tu ne peux pas croire telle chose… » et j’en passe… Lequel d’entre nous a vu Dieu face à face ? Lequel de nous l’a cerné complétement ? Lequel de nous en a fait le tour ? Je ne dis pas que tout est bon, mais je dis que tout est pur pour celui qui est pur… je ne dis pas que tout doit être assimilé les yeux fermés, mais je dis que tout peut être avalé et digéré, on peut tout examiner, c’est le seul moyen de se donner l’occasion de toujours garder du bon, même dans le profane ! (Mais si !) Nous annonçons au peuple juif qu’aujourd’hui nous pouvons manger de tout et nous refusons de manger spirituellement ce que nos frères et sœurs produisent parce que ça nous effraie… quelle vérité annonçons-nous au juste ? Frères et sœurs, rêvons ! Imaginons TOUT ! Produisons TOUT ! Soyons au-devant de la scène de TOUS les arts, car notre Dieu est Celui qui a inventé l’Art et l’Esprit se meut bien plus librement dans notre imaginaire que dans nos certitudes. Notre esprit en communion avec l’Esprit de Dieu : c’est le seul vrai pâturage !

Où est la France Croyante ? La France spirituelle de ce siècle ? Où est l’expression de son identité propre sur le plan national et international ? Dans la musique elle copie ce qu’elle voit aux E-U et en Afrique, en littérature elle s’interdit d’innover ou de parler d’autre chose que de la vie de Jésus, de la vie de Moïse, de la vie de Paul, en peinture ou en art plastique, elle est quasi inexistante… Il y a un destin pour notre nation dans l’Art, tous les arts, à nous d’aller le saisir… mais ça suppose de sortir de notre « bergerie de certitudes », sommes-nous prêts ?…

Ma saga sera probablement détestée par certains frères et sœurs, c’est dommage, mais surtout j’espère qu’elle donnera l’occasion à tout un chacun de se dire : « et si moi aussi j’osais ? Si finalement rêver n’était pas un péché ? ».

Je prie que cette saga soit utile à une chose majeure pour moi : que ceux qui osent deviennent plus nombreux que ceux qui craignent.

Je… je me suis emballé là non ?… Et ouais, ça m’arrive (souvent…)

Whoua Thérèse, enchantée tu es l’épouse de l’auteur Jake Jacobs (je me permets de te tutoyer) et on aurait envie de te dire : quel romantisme ! Il t’écrivait des histoires rien que pour toi ! Quelle femme ne rêverait pas de ça ! Racontez nous ?  

T : Effectivement, quelle femme ne rêverait pas d’avoir un époux qui prenne soin d’elle au point de lui écrire un roman sur mesure, dans lequel elle peut à la fois, se retrouver, et retrouver son époux, tout en restant en adéquation avec sa foi. Et pour ça, je remercie mon Dieu. Mon époux aussi, quel extraordinaire cadeau!Je n’avais aucun doute sur ses capacités à écrire une histoire de ce genre, il a toujours eu une imagination débordante. La Bible étant une source inépuisable, il a de quoi faire… Aussi, quand il m’a lu les premiers chapitres, j’ai tout de suite accroché ! Et quel plaisir de s’emmitoufler sous un plaid, avec un bon chocolat chaud et des biscuits maison, à écouter l’auteur lui-même raconter son histoire en incarnant chacun des personnages, avec gestes et intonations! J’avais l’impression qu’ils étaient là, devant moi !  J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai éprouvé toutes sortes d’émotions tellement j’étais à fond dans l’histoire. Aujourd’hui encore , je languis ces moments où mon époux fait vivre ceux qui sont devenus « mes amis »…  Puis, au fur et à mesure je vois son style d’écriture se développer, s’affirmer jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui : mon écrivain préféré !

Interview de l’Auteur Jake JACOBS

2 commentaires sur “Interview de l’Auteur Jake JACOBS

  1. Es tu le « Jake » qui écrit dans plume chrétienne ? Trop contente de te lire dans un roman !!!
    Il faut que tu offres un de mes livres à ta femme ! 😁🥰🥰🥰

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