Rédemption

Cela avait commencé par des petits casses sans importance selon eux. Sa famille n’était pas dans le besoin. C’était juste pour le plaisir. L’envie de braver les interdits était devenue une source de divertissement pour lui et ses amis. L’ennui et le désœuvrement les poussaient chaque fois plus loin.

John ne se rappelait plus comment cela était arrivé. Ses souvenirs devenaient de plus en plus flous. Tout ce qu’il savait c’est qu’il avait tout perdu dans cette course effrénée. Cette fuite en avant, avait tout détruit sur son passage. Cela faisait maintenant plus de 10 ans qu’il n’avait pas revu sa famille. Son quotidien, c’était la rue ou la prison.

Hier, il avait cru sentir son cœur s’arrêter en voyant Mme Reginald, son ancien professeur qui l’encourageait à poursuivre ses efforts et lui rappelait combien elle croyait en lui ; combien il était brillant. Elle était arrivée et avait jeté quelques pièces dans son gobelet en le regardant droit dans les yeux avant de s’en aller.

Un soupir de soulagement, lui échappa quand il la vit tourner au coin de la rue. Elle ne l’avait pas reconnu. Il avait certes beaucoup changé. Sa vie d’errance l’avait rendu méconnaissable. Tant mieux.

Etrangement, John, lui, se souvenait très bien d’elle. Et dire qu’il pensait avoir tout oublié de cette période de sa vie.

Cette femme avait un don particulier et savait allier douceur et fermeté. Tous les cas désespérés étaient envoyés dans son cours, car elle semblait être la seule à pouvoir les maitriser. Pour beaucoup c’était le cours de la dernière chance avant le décrochage. Madame Reginald s’était battue sans relâche pour John. Elle avait tenté tant bien que mal de lui expliquer qu’il avait le choix et pouvait encore faire demi-tour. Tout est possible, tu es encore jeune ! Tu vaux mieux que ça.

Mais que savait-elle de cet engrenage ? pensait-il avec irritation, lorsqu’elle lui parlait. Il était allé trop loin ! Il n’y avait pas de retour en arrière possible ! Si seulement, il avait su. Ce qui avait commencé comme un jeu était devenu une spirale infernale qu’il ne savait comment arrêter. Si seulement il l’avait écouté. Il n’avait pas encore touché le fond. Si seulement, il avait su…Il aurait accepté sa main tendue.

Juste avant qu’il ait décroché, elle avait tenté une dernière fois de lui faire entendre raison avant de lui dire d’un ton solennel :

– Jamais je ne cesserai de croire en toi. Tu es un gosse brillant mais tu as juste fait des mauvais choix. Tu n’es pas celui que tu penses ! Et non ta vie n’est pas finie ! Non ce n’est pas trop tard ! Tu vaux plus que ce que tu vois là, tu n’es pas ce que tu fais…Crois moi mon garçon, je n’abandonne pas facilement…

C’est vrai, Madame Reginald ne lâchait jamais rien.

– Bah, tout ça, ce n’étaient rien que de belles paroles, de bons sentiments comme dans ces films avec happy end. Mais là, on est dans la vraie vie !

Même ses propres parents l’avaient abandonné et son frère, à la mort de leur père, lui avait sommé de ne plus jamais revenir. Non sans lui avoir dit que c’était John qui avait fait mourir leur père de chagrin.

Que savait Mme Reginald, des ruelles sombres, de la faim, de la soif ? De ce manque qui ne tolère aucun retard. Que savait-elle, d’être prêt à tout pour une petite ligne ! Que savait-elle de ce besoin qui pousse à menacer son propre père pour quelques billets ! De ce besoin qui casse tout, ses relations, son avenir, et même sa propre vie !

Bien sûr que non, elle ne connaissait rien de cette vie-là. Elle vivait dans un monde où les histoires finissent bien. Que croyait-elle ? Qu’elle était investie d’une mission ? Qu’elle pouvait sauver tous les paumés qui croisaient sa route ?

John chassa l’infime lueur d’espoir qui s’était allumée au plus profond de lui quand il l’avait vue. En la revoyant, il se rendit compte qu’il l’avait crue. Car elle ne faisait jamais de promesses en l’air. Dans les premiers temps, il pensait l’apercevoir à chaque coin de rue. Mais quel idiot, il était ! Il n’avait toujours pas compris ?

Il était au bout du rouleau. Il n’avait plus de forces. Il ne voulait plus, ne pouvait plus lutter. Cette vie était sans merci. C’était une voie sans issue. Combien de fois, avait-il pris la décision de tout arrêter ? Combien de promesses non tenues ! Non cette fois-ci, il n’y a vraiment plus rien à faire.

– John ? John ? John, c’est bien toi ?

Madame Reginald se tenait devant lui. Il chercha une échappatoire.

– Vous, euh… vous vous trompez de personne essaya-t-il de balbutier

– Oui, c’est bien toi ! Je te reconnaitrai entre mille et maintenant que j’entends ta voix, je n’ai plus aucun doute.

– Que faites-vous là ? Madame Reginald

– Tu as oublié que je t’ai dit ? Je ne lâche rien

– mais ….

– Es-tu prêt maintenant à accepter ma main tendue ? J’ai promis à ton père de tout faire pour te retrouver. J’ai un ami qui peut t’aider à sortir de là. Lui, non plus, n’abandonne jamais personne. Crois-moi, rien ni personne, n’est un cas trop désespéré pour lui. Il peut t’aider comme il m’a aidé moi aussi à sortir de cette vie-là.

John ouvrit de grands yeux étonnés en entendant les mots de Madame Reginald. Il se souvint soudain qu’elle parlait souvent de la lumière qui perce les ténèbres. Il se leva d’un bond et la suivit.

Jérémy Sourdril dans son livre 365 jours au cœur du monde veut rallumer un feu dans le cœur de ceux et celles qui veulent répondre au mandat de Jésus d’aller et d’annoncer la bonne nouvelle à un monde qui en a tant besoin.

Ps : Jésus est venu chercher et sauver ceux qui sont perdus.

Rédemption

Un commentaire sur “Rédemption

  1. Ça donne un envie énorme de connaitre cette lumière au fond du tunnel et voir si, comme John,; je le crois pour lui, pourrait moi aussi, m’en sortir de mes tunnels!

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